Le principe du flexi-job est simple : travailler en complément de son activité principale, avec des charges sociales réduites pour l'employeur et une fiscalité allégée pour le travailleur. Jusqu'ici réservé à des secteurs comme l'horeca ou le commerce, le dispositif s'ouvre désormais à presque tous les employeurs, y compris dans les soins de santé et dans le secteur public, sous réserve des règles propres aux professions protégées et aux fonctions statutaires.
Les secteurs conservent néanmoins une marge de manœuvre. Via un mécanisme d'opt-out, une commission paritaire peut décider, à l'unanimité, d'exclure totalement ou partiellement le recours aux flexi-jobs dans son champ d'application. C'est déjà le cas pour les entreprises de pompes funèbres (CP 320), pour les employés de maison (CP 323), pour la garde d'enfants en Flandre, ainsi que pour l'agriculture et l'horticulture. D'autres exclusions pourraient encore être confirmées dans les prochaines semaines.
Les conditions d'accès restent précises et circonscrites, même si la réforme les assouplit sur plusieurs points. Pour les travailleurs ordinaires, la règle de base demeure : avoir été occupé à au moins quatre cinquièmes d'un temps plein chez un ou plusieurs employeurs au cours du troisième trimestre précédant le début du flexi-job. Un changement dans l'emploi principal, une réduction d'horaire ou une interruption de carrière, peut temporairement bloquer cette possibilité. Il faut alors respecter une période d'attente de trois trimestres complets avant de pouvoir démarrer.
Pour les pensionnés, les règles sont nettement plus souples, et la réforme les assouplit encore davantage. Ceux qui ont atteint l'âge légal de la pension, ou qui justifient de 45 années de carrière, ne sont soumis à aucune condition d'occupation préalable. Et dès le 1er juillet, ils n'auront plus à attendre deux trimestres après leur mise à la pension pour démarrer un flexi-job. Concrètement, un nouveau pensionné pourra commencer dès son premier mois de retraite. Dans le cas où celui-ci souhaite travailler chez son ancien employeur, cependant, il devra attendre un trimestre complet après la date de sa prise de retraite.
Trois assouplissements méritent une attention particulière. Premièrement, l'interdiction de travailler en flexi-job dans une entreprise liée à son employeur principal est levée pour les travailleurs à temps plein. Un salarié occupé à temps complet dans une filiale pourra donc exercer un flexi-job dans une autre entreprise du même groupe, ce qui était jusqu'ici interdit. Les pensionnés, quant à eux, peuvent travailler en flexi-job chez leur ancien employeur, à condition d’attendre un trimestre complet après la date de fin du préavis. Une fois ce délai passé, le pensionné peut revenir travailler dans l’entreprise en tant que flexi-job.
Deuxièmement, les agences d'intérim bénéficient d'une nouvelle souplesse : elles pourront désormais occuper un même travailleur à la fois comme intérimaire et comme flexi-jobiste au cours d'un même trimestre, à condition que ce ne soit pas pour le même utilisateur.
Troisièmement, le plafond du flexi-salaire est revu. La limite de 150 % du salaire minimum de base est maintenue, mais son périmètre est réduit : les primes, indemnités et avantages prévus par convention collective (sursalaires, primes de nuit, primes de jours fériés, prime de fin d'année) ne seront plus pris en compte dans ce calcul. Dans l'horeca, un plafond spécifique de 21 euros par heure s'applique, indexé selon les règles du secteur.
C'est souvent la raison principale pour laquelle on se tourne vers le flexi-job. Les revenus tirés de ce régime sont exonérés d'impôt jusqu'à 18.440 euros pour l'année de revenus 2026 (contre 12.000 euros jusqu'en 2024), un relèvement significatif introduit il y a quelques mois. Au-delà de ce plafond, la partie excédentaire est imposée comme un revenu professionnel ordinaire.
Pour les pensionnés ayant atteint l'âge légal ou justifiant de 45 ans de carrière, aucun plafond de revenus ne s'applique : ils peuvent cumuler des revenus flexi-job sans limite, sans impact sur leur pension. Pour les autres pensionnés, un plafond annuel de 8.121 euros reste en vigueur. Son dépassement n'a pas de conséquences fiscales sur le flexi-salaire lui-même, qui reste exonéré, mais peut entraîner une réduction de la pension.
Avant d'accepter une proposition de flexi-job, trois vérifications s'imposent. D'abord, confirmer que le secteur de l'employeur n'a pas opté pour une exclusion. Ensuite, vérifier son éligibilité via mycareer.be, qui affiche une ligne du temps par trimestre et permet de s'assurer que les conditions d'occupation sont remplies. Enfin, s'assurer qu'un contrat-cadre soit bien établi avant le début des prestations : sans ce document, le contrat de travail flexi-job n'est juridiquement pas valide, avec toutes les conséquences sociales et fiscales qui en découlent.