Si la moyenne européenne s’établit à 24,5 %, certains États affichent des écarts bien plus marqués.
Dans ces pays, la pension moyenne des femmes représente à peine 60 % de celle des hommes, traduisant des carrières très différenciées en termes de durée, de temps de travail et de niveau salarial.
Ces écarts plus faibles s’expliquent notamment par des parcours professionnels plus homogènes, un taux d’activité féminine élevé et une moindre segmentation du marché du travail.
Au-delà des moyennes, Eurostat publie également un écart basé sur la médiane, souvent considéré comme plus représentatif de la réalité vécue par la majorité de la population.
À l’échelle européenne, le constat est quasi identique : -24,9 % en médiane, contre -24,5 % en moyenne.
Mais pays par pays, les écarts révèlent des structures très différentes.
À l’opposé :
Ces résultats montrent que dans certains pays, les femmes perçoivent globalement des pensions proches de celles des hommes, tandis que dans d’autres, l’écart touche l’ensemble de la distribution des revenus.
La Belgique se distingue par un phénomène intéressant : 11 points de pourcentage d’écart entre la mesure moyenne et la mesure médiane, soit le deuxième plus grand différentiel de l’UE, juste derrière le Danemark.
Que signifie cette différence ?
Elle suggère une forte polarisation des pensions : une partie des femmes perçoit des pensions relativement correctes, tandis qu’une autre part significative reste cantonnée à des pensions très faibles.
En clair, les inégalités ne touchent pas toutes les femmes de la même manière, mais pénalisent plus lourdement celles ayant connu des carrières interrompues, du temps partiel subi ou des statuts précaires.
Il est important de noter que ces écarts proviennent du passé, et les causes sont aujourd’hui bien identifiées par les économistes :
Ces facteurs cumulés se traduisent mécaniquement par des droits de pension plus faibles.
Dans un contexte de vieillissement démographique, la persistance d’un écart de près de 25 % pose une double question :
Pour les décideurs publics comme pour les employeurs, l’enjeu est clair : agir plus tôt dans les carrières pour éviter que les inégalités professionnelles ne deviennent irréversibles à la retraite.
Réduire la fracture “pensionnelle” passe par plusieurs leviers :