L'indexation automatique des salaires, ce mécanisme typiquement belge qui protège le pouvoir d'achat mais fragilise la compétitivité, va donc se déclencher deux fois d'ici fin 2027. Le premier indice pivot (102,29) sera franchi en décembre 2026, entraînant une hausse de 2% des salaires, des pensions, et des allocations sociales début 2027. Le deuxième (104,34) suivra en novembre 2027.
Ces hypothèses reposent sur une stabilisation progressive des prix énergétiques. Le Bureau table sur un baril de Brent à 90 dollars en 2026, puis 75 dollars en 2027, et un gaz naturel à 46 euros par MWh cette année avant de refluer à 41 euros. Si ces projections se confirment, l'électricité devrait suivre la même trajectoire baissière.
Pour les entreprises belges, l'équation reste complexe. Deux indexations en dix-huit mois signifient une augmentation mécanique de la masse salariale de 4%, sans gain de productivité. Dans un environnement européen où l'Allemagne contient ses coûts et où la France indexe de façon plus modérée, le handicap structurel belge s'aggrave. Les secteurs exportateurs, déjà sous pression face à la concurrence chinoise et aux droits de douane américains, voient leur marge de manœuvre se réduire encore.
Reste une variable d'ajustement : les réformes structurelles promises par le gouvernement fédéral. Si l'assainissement budgétaire devait passer par une augmentation de la TVA ou des accises, comme le murmurent certains observateurs, l'inflation pourrait surprendre à la hausse. Et avec elle, un troisième dépassement d'indice pivot… non anticipé cette fois.